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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:29

Nous sommes un jour de semaine de ce caniculaire mois d’août de 2016 et je suis bien calé dans ma chaise à la placette de Baba Hassen, ancien petit village colonial dans la proche banlieue d’Alger, lieu de rencontre de nombreux retraités qui y vivent, comme moi.

Pour la petite histoire, autrefois, du temps de la colonisation française, il y avait, à cet emplacement, un boulodrome où pratiquement seuls les colons étaient admis à jouer, entre eux bien sûr, aux jeux de boules (pétanque et jeu long pour les puristes) . Les rares autochtones qui habitaient la ville regardaient de loin les matchs durant lesquels la bière (j’espère ne pas choquer des oreilles sensibles…..) coulait à flots

Depuis l’année 1985, le décor a quelque peu changé puisque l’APC de Baba Hassen, nouvellement créée, avait autorisé la construction d’un cercle sportif (on l’appelle, ici, la buvette , peut-être en souvenir de l’ancien bar du coin transformé actuellement en maison d’habitation ) dont la gestion avait été accordée à une veuve de chahid.

L’endroit est très agréable, bien aéré pour les personnes qui n’aiment pas trop la fumée des cigarettes et à l’abri des rayons du soleil grâce à l’ombre fournie par plus d’une dizaine d’arbres plantés il y a bien longtemps….c’est à dire au début du siècle dernier, bien avant l’indépendance de notre pays. Vous m’avez compris, n’est-ce pas ?

J’ai donc choisi cet endroit pour entamer l’écriture de cet article qui m’a été inspiré par un ami – Lakhdar, pour ne pas le nommer, un natif du bled et ancien cadre supérieur à la Sonelgaz. Ce dernier m’avait fait remarquer quelques jours plutôt que, dans leur grande majorité, les articles publiés dans ce blog – Tablat, ma ville – avaient pour thème essentiel le football.

J’avais dis à mon ami Lakhdar que sa remarque était pertinente mais que la « sècheresse » de l’actualité dans notre ville y était pour beaucoup !

Qu’à cela ne tienne ! j’ai décidé de suivre le conseil de mon ami Lakhdar et de changer complètement de registre.

Pour cette fois, on va laisser le football sur la « touche » pour dribbler avec un autre sport qu’est la paléoanthropologie . Oui, j’ai bien écris « paléoanthropologie » !

Pour la définition du terme « paléoanthropologie », j’ai pris la première que j’ai trouvée sur un dictionnaire en ligne, c'est-à-dire qu’elle est une discipline scientifique dont l'objectif est d'étudier l'Homme depuis la Préhistoire jusqu'à l'époque contemporaine à travers sa technique grâce à l'ensemble des vestiges matériels ayant subsisté et qu'il est parfois nécessaire de mettre au jour (outils, ossements, poteries, armes, pièces ...).

Mais qui s’adonne à une telle discipline chez nous, à Tablat ?

C’est mon ami d’enfance avec qui j’ai partagé les bancs de l’école primaire et du collège à Tablat et par la suite ceux du lycée Fekhar à Médéa.

Il s’agit de Ali Moussaoui, né un premier novembre de l’an mil neuf cent quarante neuf dans son douar d’Ouled El Kadi, à quelques encablures de Tablat. Qui, parmi la génération des années 1950, ne se souvient pas de Amar ; le père d’Ali. Et comment ne pas se souvenir de lui, avec ses grandes moustaches et son turban en forme de calot, lui qui nous a tous donné, à un moment ou à un autre de notre tendre enfance, des coups de bâtons sur nos endroits charnus en punition aux innombrables bêtises que nous commettions pendant les vacances d’été et pas seulement ! Il faut dire que Ammi Amar, comme on l’appelait, était garde champêtre de son état et était…… très sévère !

C’est donc un peu à la dure que Ali a grandi et c’est certainement l’éducation reçue de son père qui a forgé son caractère.

Fermons cette parenthèse et reprenons le fil de notre courte biographie d’Ali. Après le lycée Fekhar, il embrassa une carrière d’enseignant depuis le début des années 1970 jusqu’à sa retraite en 2005. Une retraite bien méritée mais Ali n’était pas quelqu’un qui allait finir ses vieux jours à traîner dans ses pantoufles !

Mais quel est le lien entre Ali Moussaoui et l’archéologie ? Apparemment aucun, de prime abord, mais en réfléchissant un peu je me suis rappelé que mon ami suivait assidûment les cours de géologie que nous dispensait feu Courbon Youcef, notre professeur bien aimé du collège de Tablat.

Ali était toujours à ses côtés lors des sorties sur le terrain, dans la région de Tablat, à la recherche de ruines romaines notamment.

C’est ainsi que depuis qu’il a un peu plus de temps libre à consacrer à sa passion - parce que s’en est une- Ali multiplie ses recherches sur le terrain en sillonnant toute la région de Tablat et même au-delà.

Pour assouvir sa curiosité grandissante dans cette science, il se documente, il achète des livres, des dictionnaires et même un appareil de photos numérique et trouve du temps pour regarder des émissions de télévision traitant de sujets en relation avec l’archéologie et la paléontologie. Il est sans préciser que tous ces achats ont été effectués sur ses propres deniers ! L’information vaut son pesant d’or pour qui ne connait pas Ali !

En bon « professionnel », il allie ses recherches livresques à ses propres découvertes d’objets anciens, très anciens même, qu’il trouve sur les nombreux terrains qu’il ne cesse de sillonner seul ou en compagnie de Ayache Hadjam, un autre ami d’enfance.

Pour ma part, j’ai eu le plaisir de l’accompagner, en 2014, aux ruines de Rapidi ( Djouab) ou de voir ensemble , début 2016, des fouilles archéologiques toujours en cours à la sortie de la ville d’El Omaria et , enfin, de visiter ( découvrir) des ruines romaines du côté de Sidi Brouni, dans la daira d’El Azizia à une quinzaine de kilomètres de Tablat.

Ali m’a confié, photographies à l’appui, qu’il a découvert ce qui s’apparenterait à une réplique de la ville de Rome dont des vestiges sont répandus sur une vaste étendue allant de l'oued ISSER jusqu'à Resfa, au nord. ( c'est à dire dans la proche banlieue de Tablat !!!). Il y aurait même les sept fameuses collines et beaucoup d'autres vestiges !!!……il va falloir à notre ami de solides preuves pour nous convaincre, nous autres sceptiques en tous genres !

Au fil du temps, Ali a amassé une quantité d’objets trouvés ou achetés, objets qui témoignent des conditions de vie de nos aïeuls et mêmes de nos ancêtres les plus lointains. N’est-ce pas le but des travaux de tout archéologue qui se respecte ?

Selon ses dires, il aurait découvert plusieurs sites de ruines romaines méconnus jusqu’à nos jours, sites qu’il n’a pas manqué de photographier. Ali ne s’arrête pas à ses découvertes et pousse ses recherches sur les archives qu’il trouve sur le net.

De découvertes en découvertes, Ali est comme pris d’une frénésie qui le pousse à approfondir ses connaissances sur tout ce qui touche de près ou de loin à l’archéologie et à la paléontologie de notre région notamment.

En s’adonnant à sa passion, Ali a amassé un trésor constitué d’outils rudimentaires ou préhistoriques, d’ossements, de poteries, des amulettes, des fossiles en tous genres…etc.

Ayant été enseignant toute sa vie, Ali souhaiterait vivement partager ses découvertes avec les jeunes étudiants notamment ceux des lycées et collèges de Tablat d’autant plus que les associations culturelles auxquelles il adhère sont pratiquement en hibernation à Tablat.

Les moyens financiers et surtout matériels lui manquent pour organiser des expositions et animer des discussions-débats avec le public. Il compte beaucoup sur le soutien des autorités locales pour l'aider dans sa tâche. Il n'a pas manqué, pour sa part, de se mettre en relation avec la Direction de la Culture à Médéa ou la Direction du musée du Bardo à Alger.

J’ai eu le privilège de voir quelques objets de sa collection et je dois dire que j’ai été émerveillé par les soins qu’il apporte à leur présentation et à leur conservation notamment pour certains articles extrêmement rares !

Ali prépare la rédaction d’un livre où il compte tout nous dire sur nos origines et plus de choses encore. On attend avec impatience son ouvrage.

Après la publication de cet article, je demanderai à mon ami Ali de m’accorder un entretien pour qu’il nous éclaire plus en détails sur les résultats de ses recherches.

Djamal TIDJANI

La salle de conférence Rabah Belkada , à Tablat, lieu de prédilection de notre ami Ali.

La salle de conférence Rabah Belkada , à Tablat, lieu de prédilection de notre ami Ali.

Photo prise par moi même lors d'un déjeuner chez un ami.

Photo prise par moi même lors d'un déjeuner chez un ami.

Ali assidû à toutes les manifestations à caractère culturel....

Ali assidû à toutes les manifestations à caractère culturel....

Pour bien visionner cette photo , il est nécessaire de l'aggrandir. C'est le mariage de mon ami Ali ...et je suis à ses côtés du temps où j'avais moi aussi 20 ans , le temps des cheveux longs !!

Pour bien visionner cette photo , il est nécessaire de l'aggrandir. C'est le mariage de mon ami Ali ...et je suis à ses côtés du temps où j'avais moi aussi 20 ans , le temps des cheveux longs !!

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né a tablat 15/03/2017 19:41

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